Un poème (écrit à 18 ans): "La cité"

La Cité 


Il est une grande cité

Aussi secrète que convoitée

Avec de hautes tours

Et autour, de grands vautours. 


Trois vautours qui scient les nuages

Ici ou là, rien ne les engage

Et dans leur coeur vibre un seul amour

Un amour éteint comme leur plumage 

Un amour sans fin 

Qui ne rime à rien 

Un amour qui toujours

Haut et fort a crié 

Je ne suis que liberté. 


Il est vrai que la cité au loin est belle

Ses murs comme des lingots de soleil 

Miroitent le soir quand le ciel s'embrase 

Et perdue, déambulant dans la plaine rase 

La lune de ses larmes blanches 

Inonde la mer et les phalanges 

Qui s'agitent et qui dérangent 

Et seule la cité par mille lueurs 

Et par cent artifices et cent leurres 

Resplendit, chatoie à toutes heures. 


Même les sages rideaux blancs 

Semblent de moquer du vent 

Même les vagues déchaînées 

Ne font qu'effleurer cette cité 

Erigée contre un monde entier 

Contre tout un monde brûlant 

Aux torrents de sentiments 

Aux vents longs et haletants 

Un monde perdu qui effraie

Par son climat trop fiévreux 

Et ses parfums étourdissants.  


Seulement, la cité n'est pas forte 

Bien que ses murs soient les plus hauts 

Bien que féroces soient ses cohortes 

Malgré ses airs fiers, impérieux,

Malgré ses grands corbeaux 

Qui jettent un regard noir 

Sur chacun de ces hussards 

Que la belle audace fait croire

A une cité qu'on s'accapare.


Mais il est un grand héros 

Aussi courageux que dangereux 

Sans armure ni feu 

Mais une armure qui rien ne vaut: 

Un coeur amoureux. 


Juin 2012. Aux coeurs qui refusent de s'ouvrir. 

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