La Cité
Il est une grande cité
Aussi secrète que convoitée
Avec de hautes tours
Et autour, de grands vautours.
Trois vautours qui scient les nuages
Ici ou là, rien ne les engage
Et dans leur coeur vibre un seul amour
Un amour éteint comme leur plumage
Un amour sans fin
Qui ne rime à rien
Un amour qui toujours
Haut et fort a crié
Je ne suis que liberté.
Il est vrai que la cité au loin est belle
Ses murs comme des lingots de soleil
Miroitent le soir quand le ciel s'embrase
Et perdue, déambulant dans la plaine rase
La lune de ses larmes blanches
Inonde la mer et les phalanges
Qui s'agitent et qui dérangent
Et seule la cité par mille lueurs
Et par cent artifices et cent leurres
Resplendit, chatoie à toutes heures.
Même les sages rideaux blancs
Semblent de moquer du vent
Même les vagues déchaînées
Ne font qu'effleurer cette cité
Erigée contre un monde entier
Contre tout un monde brûlant
Aux torrents de sentiments
Aux vents longs et haletants
Un monde perdu qui effraie
Par son climat trop fiévreux
Et ses parfums étourdissants.
Seulement, la cité n'est pas forte
Bien que ses murs soient les plus hauts
Bien que féroces soient ses cohortes
Malgré ses airs fiers, impérieux,
Malgré ses grands corbeaux
Qui jettent un regard noir
Sur chacun de ces hussards
Que la belle audace fait croire
A une cité qu'on s'accapare.
Mais il est un grand héros
Aussi courageux que dangereux
Sans armure ni feu
Mais une armure qui rien ne vaut:
Un coeur amoureux.
Juin 2012. Aux coeurs qui refusent de s'ouvrir.
