Un poème (écrit à 18 ans): "Cumulonimbus"

 Cumulonimbus 


La marche rapide des nuages

Qui envahissent l'éther éteint 

Mais moi, je ne veux rien 

Et moi, je veux le bien 


La tête haute et le regard droit 

Il faut, par là ou là-bas, non là 

Et les nuages de plus en plus lourds 

Et mon coeur qui court, court, court


Le ciel bleu se couvre de gris 

Les fleurs s'ouvrent, pourries 

Tant pis, 

Puisqu'il faut vivre sans une erreur

Une peur, 

Puisqu'il faut sourire sans rancoeur 


Et puis des nuages encore

Bousculent toutes les dorures

De l'astre dont les blessures 

Font gémir le vent 

Siffler les serpents


Qu'importe les feuilles mortes 

Me fouettant tout le visage 

Après tout il faut faire en sorte

Que du ciel noir ne se dégage 

Que chaleur sage, rayons larges 


On n'est jamais aussi seuls 

Que quand ceux qu'on aime 

Ne voit que la noirceur du ciel ébène

Dans un linceul déjà trop usé 


Oh mais arrêtez, vous savez

La pluie, toujours je la sens

Elle me glace le sang 

Ce tas de nuages, je le hais

Et jamais lui il ne disparaît


Mais allons donc, toujours il faut marcher

Plus loin encore que ces rangées 

Ces nuages lourds sur mes épaules fatiguées 

De tant de tempêtes endossées 

Mais qui jamais ne m'ont faites dévier. 


Mai 2012. Au cumul des émotions, à l'incompréhension du sensible.






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